Oui, la French Tech innove encore. C’est d’ailleurs le parti pris de Speechi : innover pour se différencier des marques étrangères après 20 ans à révolutionner l’éducation et l’interactivité. C’est ainsi qu’est né Speechi Connect.
Tout est parti de la vision de Didier Scellier, arrivé chez Speechi il y a 2 ans en tant que CTO (Directeur technique), et a pris vie dans les mains de l’équipe technique et produits de Speechi durant le printemps et l’été 2024. Si aujourd’hui Speechi Connect est déjà dans les smartphones et écrans des utilisateurs, Didier revient sur sa genèse et ses ambitions.
Retranscription complète de l’interview.
L’histoire et le concept de Speechi Connect
Je suis arrivé il y a à peu près deux ans avec un objectif qui était de retravailler, de repenser la manière d’utiliser les écrans interactifs, notamment pour basculer d’une ère des écrans interactifs vers une ère des écrans interactifs connectés.
C’est avant tout partie d’un constat : les écrans interactifs ont longtemps été travaillés, conçus comme des grosses tablettes, c’est-à-dire qu’on voit un écran interactif comme une tablette Android. Cette idée est renforcée par le système d’exploitation Android présent à l’intérieur des écrans.
Ces écrans ont été conçus essentiellement pour être adressés dans le milieu scolaire et être utilisés par les enseignants. C’était l’écran de l’enseignant : l’enseignant arrivait le matin, pouvait accéder à son écran, accéder à ses applications, son environnement… Il pouvait personnaliser son expérience directement sur l’écran.
Et donc les écrans ont vraiment été conçus comme un appareil individuel à destination des enseignants.
Pourquoi Speechi Connect ?
« L’objectif est de faire en sorte que l’écran s’adapte à l’utilisateur, et non l’inverse, surtout dans les environnements partagés comme les salles de classe. »
Lorsqu’on est sur un écran qui est partagé entre plusieurs utilisateurs (principalement dans l’enseignement), lorsqu’un enseignant arrive dans une classe, il a besoin de réfléchir à la manière dont est configuré l’écran, quels sont les outils qui sont disponibles sur l’écran, comment il peut interagir avec l’écran pour restituer un contenu pédagogique.
C’est extrêmement compliqué lorsque l’enseignant est dans une classe A, puis dans une classe B, puis dans une classe C, de devoir passer 5-10 minutes à s’adapter au contenu de l’écran et à ce qu’il propose.
Donc l’idée est de faire en sorte que l’enseignant, où qu’il aille, quel que soit l’écran interactif qu’il va être amené à utiliser, puisse retrouver l’ensemble et l’intégralité de son environnement technique, son environnement logiciel, son environnement applicatif. Il n’aura plus de questions à se poser. L’écran sera immédiatement opérationnel, utilisable, sans avoir à passer du temps à s’approprier l’environnement.
Quelles sont les fonctionnalités clés ?
Parmi les fonctionnalités clés, bien évidemment, il y a l’accessibilité. C’était faire en sorte que lorsque j’arrive devant un écran interactif, je sors mon smartphone. Sur mon smartphone, j’ai créé mon environnement Speechi. J’ai mon fond d’écran, j’ai mes applications, j’ai tout mon environnement utilisateur, c’est-à-dire ce qui m’appartient, ce qui m’est propre.
« L’approche met l’accent sur l’accessibilité en permettant aux utilisateurs de se connecter à n’importe quel écran interactif en utilisant leurs appareils de confiance (smartphone ou PC). »
Quand j’arrive devant un écran Speechi, quel qu’il soit, quelle que soit la configuration, je m’authentifie avec mon smartphone. Un écran « lambda » devient mon écran, mon fond d’écran arrive, mes applicatifs arrivent, et là on a cassé cette barrière entre l’utilisateur et l’écran, c’est-à-dire que l’utilisateur n’a plus à se poser la question du modèle, n’a plus à se poser la question de la manière dont ça a été configuré, de la manière dont ça a été installé. J’arrive, j’ai mon smartphone en poche, j’ai mon environnement, mes datas, je me connecte – c’est bon.
Et l’écran Speechi devient mon écran, et ça, c’est particulièrement intéressant.
Pourquoi Speechi Connect nous démarque des autres concepteurs d’écrans interactifs ?
Clairement, l’approche que nous avons eue aujourd’hui est d’apporter un fort niveau de personnalisation de l’écran, de donner la main à cette personnalisation aux utilisateurs dans des environnements qu’ils connaissent et qu’ils maîtrisent.
On n’a pas cherché à sécuriser en particulier l’écran interactif, on est parti du principe que l’utilisateur allait travailler sur ses données et ses informations depuis un outil de confiance. L’outil de confiance c’est son téléphone, c’est son PC, et à partir du moment où il a défini son environnement de travail, on garantit que rien n’est stocké ou conservé au niveau de l’écran.
Il a son outil de confiance, il arrive, il partage de la donnée et de l’information entre son outil de confiance et l’écran. Et à partir du moment où il se déconnecte, on garantit que l’intégralité de l’information a bien été supprimée.
« La sécurité est un point crucial, notamment pour éviter que des données sensibles soient laissées sur les écrans après utilisation, avec un système de cryptage de bout en bout. »
Quels efforts ont été faits pour assurer la protection des données ?
Un accent très fort a été mis sur la sécurité. On s’est rendu compte à l’usage que beaucoup d’utilisateurs d’écrans interactifs oubliaient des données sur l’écran. Soit parce qu’ils ont utilisé une clé USB, soit parce qu’ils ont accédé à un moment donné à leur compte Drive, ils ont rapatrié des données sur l’écran.
Ça peut arriver aussi également que sur l’écran interactif, il y ait des notes et des informations qui soient écrites via le stylet directement sur le tableau numérique et que ces données soient sauvegardées malencontreusement sur l’écran.
Donc ce qu’on a fait, c’est que lorsque l’utilisateur se connecte, on crée une bulle.
Cette bulle, elle est positionnée sur des serveurs distants. Les données qui sont travaillées, qui sont utilisées sur l’écran, qui sont écrites sur l’écran, sont de manière systématique sauvegardées à l’intérieur de cette bulle et à l’intérieur de ces serveurs.
« Ce qui est important, c’est qu’on ne garde et on ne stocke absolument rien sur les écrans. »
Tout ce qui est stocké sur nos serveurs est stocké de manière très stricte, c’est-à-dire de manière cryptée. On s’assure également que les données cryptées sont sur des serveurs, les clés de cryptage sont sur d’autres serveurs, et finalement, nous, Speechi, n’avons accès à aucune donnée en clair.
Les seuls à pouvoir finalement lire cette donnée, ce sont les utilisateurs authentifiés. Le décryptage ne se fait pas sur nos serveurs, mais va s’effectuer sur l’écran en tant que tel, donc on assure vraiment un très haut niveau de sécurité sur les échanges de data entre les utilisateurs et les écrans interactifs.
Quels sont les objectifs à long terme ?
Les objectifs à long terme sont extrêmement nombreux. Notre objectif de base était déjà de transformer l’usage, d’apporter des fonctionnalités dans la poche des utilisateurs, de les accompagner dans l’enrichissement de l’expérience autour des écrans interactifs.
Aujourd’hui, on dispose d’une véritable plateforme de service. On a un écran interactif ; l’écran interactif interagit avec l’utilisateur par le biais de son smartphone ou par le biais de son PC. Et nous, on va développer de plus en plus de services autour de cette plateforme centralisée.
« Donc ça veut dire que petit à petit, on va développer de l’innovation, on va développer des fonctionnalités à valeur ajoutée, et ces fonctionnalités à valeur ajoutée et ces innovations vont venir enrichir l’expérience des utilisateurs. »
C’est ça qui est magique : c’est qu’un écran interactif acheté il y a deux ans, c’est un écran interactif qui bénéficie aujourd’hui des innovations de Speechi. On a été capable de faire en sorte que Speechi Connect puisse venir s’installer sur des écrans anciennes générations (en tout cas d’une génération un peu plus ancienne). Et ça veut dire qu’un écran interactif acheté aujourd’hui dans 2 / 3 / 5 ans continuera à bénéficier des innovations et des évolutions de cette plateforme de service.
Et c’est ça qui est intéressant, c’est ce à quoi on va s’attacher et s’attarder sur les semaines, les mois et les années à venir.